Le Monde

Simone Gbagbo appelle à l'union de l'opposition

Simone Gbagbo dénonce les « incohérences » de la liste électorale et réclame des réformes

Dans un discours incisif, l’ex-Première dame a également lancé un appel à « l’union » contre un « système taillé sur mesure pour le pouvoir ». Réformes institutionnelles, audit de la liste électorale, découpage électoral…

La deuxième édition de la Fête des Libertés organisée par le Mouvement des Générations Capables (MGC) a été l’occasion pour sa présidente, Simone Ehivet Gbagbo, de lancer un vibrant appel à l’union des forces de l’opposition. Devant des milliers de militants réunis à Bondoukou le samedi 4 mai 2024, l’ancienne Première dame a dressé un réquisitoire sévère contre le système électoral actuel.

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Simone Gbagbo appelle à une loi d’amnistie et à la réinscription des dirigeants politiques radiés de la liste électorale

« Les prochaines élections, notamment la présidentielle de 2025, constituent un grand défi pour notre nation. Le système électoral pose beaucoup de problèmes, il n’est pas crédible », a martelé Mme Gbagbo, remettant en cause l’indépendance de la Commission électorale. Indépendante (CEI). « Dans sa composition actuelle, la CEI est loin d’être indépendante des partis politiques. Il faut la réformer en profondeur. »

L’opposante politique a également pointé du doigt les irrégularités de la liste électorale, « truffée d’incohérences » selon ses termes. « J’appelle à son audit profond. Il nous faut une liste fiable, sans inclusion de non-Ivoiriens ni exclusion d’Ivoiriens en âge de voter », a-t-elle insisté.

Revenant sur la radiation controversée de son époux Laurent Gbagbo de cette liste, Mme Gbagbo a renouvelé son appel au chef de l’État pour une loi d’amnistie permettant sa réinscription ainsi que celle d’autres dirigeants politiques. « C’est cette solution qui apaisera les tensions », a-t-elle plaidé.

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Révision du découpage électoral au centre des préoccupations de Mme Simone Gbagbo.

Au-delà de ces réformes institutionnelles, la présidente du MGC a également appelé à revoir le découpage électoral, actuellement « taillé sur mesure pour le RHDP », selon elle. Elle a aussi prôné une politique de décentralisation plus audacieuse pour un développement équitable sur tout le territoire.

Dans un discours ferme, Simone Gbagbo a donc dressé un catalogue de réformes urgentes à mener, condition, selon elle, d’élections « justes, inclusives et transparentes ». « Il est urgent que le gouvernement ouvre des discussions franches et inclusives avec l’opposition et la société civile », a-t-elle insisté.

Simone Gbabgo appelle à l’union de la gauche et des forces vives

Lançant « un appel à l’union de la gauche et de toutes les forces vives », l’ex-Première dame s’est voulue rassembleuse : « Unis, nous serons plus forts ! Je le répète : unis, nous sommes plus forts ! « . Un message fédérateur précis à une opposition qui peine encore à présenter un front uni face au pouvoir en place.

Au-delà du rendez-vous électoral de 2025, Mme Gbagbo a également invité les Ivoiriens à rejoindre en masse le MGC pour « transformer la vie politique et citoyenne » du pays, réaffirmant l’ambition de son parti de devenir « le plus grand de Côte d’Ivoire ».

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La fête des libertés du MGC avec l’accent sur l’autosuffisance agricole

La deuxième édition de la fête des libertés a aussi résonné comme un vibrant appel à dynamiser le secteur agricole ivoirien. Avec pour thème « Dynamisation de l’économie agricole et Libertés », cette célébration a souligné l’importance cruciale de l’agriculture pour l’émancipation économique et la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.

Dans son allocution, la présidente du MGC, Mme Simone Ehivet Gbagbo, a dressé un état des lieux préoccupant du secteur primaire, malgré les performances remarquables du pays en matière de production de cultures de rente. Elle a pointé du doigt « l’absence de technologies modernes, le non-accès au financement pour la majorité des producteurs, l’insuffisance de formation et le faible investissement dans les cultures vivantes ».

Au-delà de ces défis, Mme Gbagbo a soulevé une problématique : celle de la véritable dépendance alimentaire du pays. « Nous ne transformons que 30% de notre cacao, 22% de notre café et 22% de notre anacarde. Le taux de couverture nationale n’est que de 44,6% pour la viande et 13,44% pour le poisson », a-t-elle déploré, pertinent les lourdes factures d’importation qui en découlent. A lire aussi : Tchad : La présidentielle se tient dans un climat de tension palpable.

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Jean Michel

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