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Appels à boycotter les élections jeunesse communale à Bondoukou à cause de décisions controversées

Élections Jeunesse Communale de Bondoukou: Un processus controversé qui divise

À Bondoukou, la préparation des élections pour désigner le nouveau président de la Jeunesse Communale vire à la contestation. Tensions et menaces de boycott planent sur le scrutin

Les prochaines élections pour élire le nouveau président de la Jeunesse Communale de Bondoukou sont loin de faire l’unanimité auprès des jeunes de la ville. Le processus électoral mis en place par la Fédération Nationale des Unions de Jeunesse Communale de Côte d’Ivoire (FENUJECI) et le découpage électoral défini par le maire Ouattara Anzoumana soulèvent de vives critiques et menacent d’attiser les tensions.

Les élections du président de la jeunesse communale de Bondoukou soulèvent des polémiques

D’abord, le principal point de discorde concerne le nouveau découpage qui fusionne certains quartiers pourtant distincts, tandis que d’autres sont scindés ou carrément omis. « Ce découpage n’est pas normal. Ce sont des peuples différents avec des réalités différentes. Pourquoi les fusionner pour l’élection ? » s’insurge Ouattara Ali dit Yahli, secrétaire général du bureau sortant.

Pour illustrer, le découpage du maire fusionne les quartiers Donzosso et Kpayogoda qui n’ont rien en commun. Il a aussi mis ensemble les quartiers Labaya et Donzosso. Dans ce même nouveau découpage, les quartiers Imamso, Gôrômosso et d’autres n’existent plus. De même, il a fusionné les quartiers Nénéya et Wélasso. Pendant qu’au quartier Abema, il a créé deux autres quartiers supplémentaires. Idem aux quartiers Zanzan et Lycée

Ouattara Yahli

C’est pourquoi, de nombreux jeunes dénoncent une manœuvre du maire visant à favoriser son candidat. « En réalité, le maire opère ainsi pour donner toutes les chances de victoire à son poulain », accuse Yahli, menaçant de quitter le comité électoral. Télécharger ci-dessous le document signé par le maire.

Vives critiques des jeunes de Bondoukou sur la vente imposée des cartes d’électeurs

L’autre pomme de discorde est la vente obligatoire des cartes d’électeurs à 300 francs CFA, une décision perçue comme une manière pour la FENUJECI de se faire de l’argent sur le dos des jeunes. « On aurait pu demander une inscription gratuite à la mairie », plaide Yahli.

En clair, la vente des cartes d’électeurs au prix de 300 francs CFA pièce a également suscité des critiques virulentes. Pour Gla Serge, un leader de jeunesse, cette pratique est injuste et inaccessible pour de nombreux jeunes. « Nous sommes confrontés à une injustice flagrante. Les cartes d’électeurs ne devraient pas être une marchandise », dénonce-t-il.

En outre, les jeunes s’interrogent aussi sur l’impartialité de la FENUJECI, soupçonnée d’être de connivence avec le maire. « La FENUJECI a proposé au maire d’acheter des cartes, une stratégie pour lui permettre de soutenir son candidat », dénonce le secrétaire général sortant.

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Les appels au calme face au climat de tensions avant les élections de la jeunesse communale à Bondoukou

Face à ce climat de haute tension, les appels à l’apaisement se multiplient. « Nous devons préserver la cohésion à Bondoukou. Ces élections ne doivent pas être une source de déchirure », prévient Adou Boby, président des jeunes du quartier Lycée résidentiel.

Face à cette levée de boucliers, les autorités locales commencent à réagir. Adayé Boithénin, le 6e maire adjoint, se montre ouvert au dialogue. « Nous sommes prêts à écouter les suggestions des jeunes concernant le découpage électoral », assure-t-il. Cependant, la FENUJECI rejette les demandes de gratuité des cartes d’électeurs, créant un nouvel obstacle sur le chemin de la résolution pacifique de la crise.

Appels à boycotter les élections de la jeunesse communale à Bondoukou à cause de décisions controversées

Alors que le scrutin approche, les positions semblent irréconciliables. Yahli prévient: « Nous n’organiserons pas une élection comportant des étincelles menaçant de s’embraser. Le maire Ouattara Anzoumana s’est trompé. Sa décision est impopulaire. A une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir ». Un signal d’alarme révélateur des tensions qui couvent à Bondoukou.

Dans cette atmosphère de méfiance et de désaccord, les élections de la Jeunesse Communale de Bondoukou restent en suspens, laissant planer l’incertitude sur l’avenir de la ville et de sa jeunesse. A lire aussi : Présidentielle au Tchad : des candidats font des propositions.

Pub Ivoire24h Élections Jeunesse Communale de Bondoukou

Jean Michel

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