Le Monde

Le capitaine Ibrahim Traoré adresse un message à la France

Le capitaine Ibrahim Traoré du Burkina rompt avec la CEDEAO et s’allie à la Russie

Dans un entretien exclusif avec Alain Foka, le président de la transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, explique pourquoi son pays a quitté la CEDEAO pour former l’AES avec le Mali et le Niger

Le président de la transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a accordé un entretien exclusif au journaliste Alain Foka, diffusé ce lundi sur la chaîne Afro Média. Il est revenu sur les raisons qui ont poussé son pays, ainsi que le Mali et le Niger, à quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour former l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le capitaine Ibrahim Traoré se montre intraitable vis-à-vis de la CEDEAO

« Plus jamais la CEDEAO. Non c’est fini », a-t-il déclaré, en dénonçant « l’ingérence » et « le mépris » de cette organisation régionale, dominée selon lui par la France et le Nigeria. Il a accusé la CEDEAO d’avoir soutenu le régime déchu de Roch Marc Christian Kaboré, renversé par un coup d’État militaire en novembre 2023, et d’avoir imposé des sanctions économiques et politiques au Burkina Faso, au Mali et au Niger, en violation de leur souveraineté.

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Le capitaine Traoré a affirmé que l’AES, créée le 16 septembre 2023, était une « alternative crédible » pour assurer la sécurité, le développement et l’intégration des pays du Sahel, confrontés à la menace terroriste et à la pauvreté. Il a annoncé que l’AES allait mettre en place une monnaie commune, le Sahel, qui remplacerait le franc CFA, jugé « colonial » et « inadapté » à la réalité économique de la région.

La Russie, nouveau partenaire stratégique du Burkina Faso

Le président de la transition a également évoqué les relations du Burkina Faso avec la Russie, qu’il a qualifiée de « partenaire stratégique » et de « garant de la stabilité » au Sahel. Il a révélé que son pays avait signé un accord de coopération militaire avec Moscou, qui prévoit la livraison d’armements, la formation de soldats burkinabè et l’installation d’une base russe à Bobo-Dioulasso. Il a salué le rôle de la Russie dans la lutte contre le terrorisme et le soutien au processus de transition démocratique au Burkina Faso.

Le capitaine Ibrahim Traoré a enfin adressé un message à la France, ancienne puissance coloniale, qu’il a accusée d’avoir « trahi » et « abandonné » le Burkina Faso. Il a demandé à Paris de retirer ses troupes de la force Barkhane, déployée au Sahel depuis 2014, et de respecter le choix du peuple burkinabè. Il a toutefois affirmé que le Burkina Faso restait ouvert au dialogue et à la coopération avec la France, à condition qu’elle reconnaisse ses erreurs et change de politique en Afrique. A lire aussi : Guinée : les syndicats menacent d’une grève générale pour libérer le journaliste Sékou Jamal.

Jacques Anderson

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