Le Monde

Sié Charles, Pilier de la Musique du Gontougo, s'éteint

Sié Charles : Une légende musicale immortelle – Témoignage exclusif de Didier Yeboua

La région du Gontougo pleure la perte de Sié Charles, artiste emblématique et acteur engagé de la scène musicale locale. Son collaborateur proche, Didier Yeboua, retrace le parcours exceptionnel de l’artiste, maître de fanfare devenu une véritable icône

Le dimanche 7 janvier 2024, à 20 heures, la région du Gontougo, en Côte d’Ivoire a perdu une figure emblématique de la musique, Sié Charles, décédé à Abidjan des suites d’une maladie. À Bondoukou, la population reste sous le choc face à cette perte irréparable.

Didier Yeboua raconte Sié Charles : La musique du Gontougo perd une icône

Didier Yeboua, opérateur culturel à Bondoukou, proche collaborateur de Sié Charles, s’est exprimé sur le parcours exceptionnel de l’artiste disparu. « En mon nom et au nom de la famille des Arts et de la culture, je présente mes condoléances à sa famille et aux artistes du Zanzan. En réalité, notre rencontre fortuite remonte à 2001-2002, quand Sié Charles m’a invité à écouter sa musique. J’ai immédiatement été séduit par ses compositions hors du commun, éloignées des thèmes tristes ou de misère. Il abordait des sujets de société, et j’ai compris que nous pouvions révolutionner la musique dans le Gontougo. Sous ma direction, son succès a pris son envol avec « Ama Dongo », une chanson engagée sur le SIDA. Malgré les débuts difficiles, notre détermination a porté ses fruits, avec plus de 1500 cassettes vendues lors de notre sortie au marché de Bondoukou. »

Sié Charles, maître de fanfare devenu légende : Un regard sur sa vie et son impact culturel

Sié Charles, maître de fanfare à ses débuts dans la région du Gontougo, apprenait les autres à jouer des instruments dans les églises locales sous la tutelle de Monseigneur l’Abbé Benoît. A ce sujet, Didier Yeboua se souvient avec émotion de cette période : « C’est à travers les fanfares que nous avons connu Sié Charles. Il s’est ensuite consacré à la musique, abandonnant même son activité dans l’anacarde. Dès que sa musique a décollé, il a créé le studio d’enregistrement SDZ pour promouvoir d’autres talents. Ensuite, il a aidé près d’une centaine de jeunes artistes à sortir leur premier album. »

Sié Charles et Didier Yeboua : Une collaboration musicale qui a marqué l’histoire du Gontougo

L’opérateur culturel partage également des anecdotes illustrant la complicité entre eux. « Une fois, en tournée dans un village, notre voiture a eu un problème. Alors qu’il tentait de réparer le moteur en fumée, pendant que j’étais enfermé dans la voiture. Pris de peur, je lui ai crié de me laisser sortir. Une autre fois, au début de notre collaboration, je l’ai entraîné au marché pour lui acheter des pantoufles, car nous devions rencontrer une autorité locale. Et ce jour-là, il était apparu avec de grosses sandales jaunes. »

La mission inachevée de l’icône du Gontougo

Sié Charles était un perfectionniste, un homme-orchestre impliqué dans tous les aspects de la musique. « Il est une grande perte culturelle pour notre région. Nous travaillions pour faire rayonner la musique du Gontougo au niveau national et international, un travail inachevé maintenant. Sié Charles était un phénomène, un talent colossal », souligne Didier Yeboua. A lire aussi : Palongo : Danse sacrée du Zanzan, Awa Kouman entre héritage musical et modernité.

Le soutien à toute épreuve du ministre d’État Adjoumani à l’artiste

« Le ministre Adjoumani était comme un père pour lui, soutenant la création de son studio et lui offrant deux véhicules. Il a contribué significativement à la scène culturelle du Gontougo, finançant les artistes pour qu’ils puissent enregistrer en studio. Quand la santé de Sié Charles s’est détériorée, c’est vers le ministre qu’il s’est tourné, obtenant une assistance médicale à Abidjan », conclut Didier Yeboua, témoignant de la relation profonde entre les deux hommes.

La disparition de Sié Charles laisse un vide immense dans le paysage musical de la Côte d’Ivoire, mais son héritage perdurera à travers les artistes qu’il a inspirés et soutenus tout au long de sa carrière. A lire aussi : Election en RDC : la Cour Constitutionnelle se penche sur deux recours ce lundi 8 janvier.

Jean Michel

Commentaires

Il y a 1 commentaire pour cet article
  1. Daouda ouattara 9 janvier 2024 6h22

    Jamais inoubliable

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