Le Monde

Restrictions françaises sur les artistes du Niger, du Burkina et du Mali

Le monde culturel français se ferme aux artistes du Niger, du Burkina et du Mali

Le Syndeac, le principal syndicat des entreprises culturelles du secteur public, a immédiatement demandé une réunion d’urgence avec le ministère des Affaires étrangères pour tenter d’infléchir cette décision

Dans un revirement surprenant, le ministère des Affaires étrangères français a émis une directive visant à exclure les artistes en provenance du Niger, du Burkina Faso et du Mali des scènes culturelles françaises. Cette décision, contenue dans un document interne, suscite des interrogations quant à son lien avec les récents changements politiques dans ces pays d’Afrique de l’Ouest qui semblent prendre leurs distances avec la France.

Et suspension de tout soutien financier aux associations et troupes artistiques du Mali, du Niger et du Burkina Faso

Le Quai d’Orsay a adressé un message direct aux programmateurs de salles de spectacle et aux organisateurs de festivals, les enjoignant à ne plus inviter d’artistes originaires du Niger, du Mali et du Burkina. Cette mesure radicale ne laisse place à aucune négociation et risque de perturber de nombreux événements culturels à venir, dont la 40e édition des Francophonies de Limoges, qui mettait en avant une programmation africaine exceptionnelle.

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De plus, le ministère demande également la suspension de tout soutien financier aux associations et troupes artistiques du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Cette décision soudaine laisse les acteurs culturels africains dans une situation précaire, entravant leur liberté d’expression et menaçant leur capacité à travailler en France.

Le Syndeac, le principal syndicat des entreprises culturelles demande une réunion d’urgence

Hassane Kassi Kouyaté, metteur en scène burkinabè, exprime son inquiétude et son impuissance face à cette décision : « Nous sommes tous pris en otage par des décisions politiques qui nous dépassent. Je suis à la fois organisateur et artiste, et cette nouvelle est difficile à vivre. Certains projets étaient en cours depuis trois ans. Nous recevons désormais l’interdiction de collaborer avec ces artistes ici, et cela est extrêmement grave. Je le vis très mal. »

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Le Syndeac, le principal syndicat des entreprises culturelles du secteur public, a immédiatement demandé une réunion d’urgence avec le ministère des Affaires étrangères pour tenter d’infléchir cette décision qui affecte profondément le tissu artistique franco-africain. Les acteurs culturels, qu’ils soient du côté français ou africain, espèrent que des solutions pourront être trouvées pour rétablir la coopération et préserver la richesse de la diversité culturelle sur les scènes françaises.

Jean Michel

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