Le Monde

Rétablissement de l'ordre constitutionnel au Niger

La Cédéao enclenche des mesures pour restaurer l’ordre constitutionnel au Niger

La communauté internationale s’est également jointe aux efforts de la Cédéao pour rétablir la stabilité au Niger. La France a exprimé son soutien total aux conclusions du sommet

Abuja, Nigeria, le 10 août 2023 – Réunis à Abuja, les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont pris une position ferme en vue de rétablir l’ordre constitutionnel au Niger. Les chefs d’État ont pris des mesures décisives pour activer et déployer la « force en attente » de la région, tout en laissant la porte ouverte à une résolution pacifique de la crise.

La Côte d’Ivoire contribuerait avec un bataillon d’environ 850 à 1 100 hommes

Après des discussions approfondies à huis clos, les dirigeants de la Cédéao ont clairement indiqué leur désapprobation envers les auteurs du coup d’État. La Cédéao a annoncé qu’elle donnerait l’ordre au comité des chefs d’état-major de déployer les forces en attente pour rétablir l’ordre démocratique au Niger. Bien que les détails précis du déploiement ne soient pas encore entièrement dévoilés, il est entendu que des consultations avec l’Union africaine (UA) et le soutien des partenaires internationaux, y compris l’ONU, seront recherchés.

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Dans une déclaration ultérieure, le président ivoirien Alassane Ouattara a confirmé que les dirigeants de la Cédéao ont donné leur approbation pour le lancement imminent de l’opération. Le président Ouattara a annoncé que la Côte d’Ivoire contribuerait avec un bataillon d’environ 850 à 1 100 hommes, en collaboration avec le Nigeria et le Bénin, et que d’autres pays pourraient également rejoindre cette initiative. Il a cependant souligné que la porte restait ouverte à une solution pacifique si les auteurs du coup d’État choisissaient de se retirer rapidement.

La Cédéao a également averti les États membres qui pourraient compromettre les efforts de résolution pacifique de la crise au Niger. Cette mise en garde pourrait être particulièrement dirigée envers le Mali et le Burkina Faso, qui ont été suspendus de la Cédéao et ont exprimé leur opposition à toute intervention militaire au Niger.

Les présidents favorables pour une résolution pacifique

En parallèle, la Cédéao a maintenu et renforcé les sanctions envers les responsables du coup d’État. Le président de la commission de la Cédéao, Oumar Touray, a rappelé que ces mesures incluraient la fermeture des frontières, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs de ceux qui entraveraient une résolution pacifique de la crise.

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Malgré ces mesures, il est important de noter que tant le président Bola Tinubu que le président de la commission de la Cédéao, Omar Touray, ont exprimé leur préférence pour une résolution pacifique de la crise. Ils ont souligné que les efforts diplomatiques étaient privilégiés, tout en indiquant que leur patience avait des limites. La crise actuelle a déjà abouti à la séquestration du président Mohamed Bazoum par les militaires, ce qui a suscité des préoccupations quant à sa sécurité et à son intégrité physique.

La France a exprimé son soutien total aux conclusions du sommet

La communauté internationale s’est également jointe aux efforts de la Cédéao pour rétablir la stabilité au Niger. La France a exprimé son soutien total aux conclusions du sommet des dirigeants de la Cédéao, condamnant fermement le coup d’État en cours et la séquestration du président Bazoum. De même, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a salué le rôle crucial de la Cédéao dans le retour à l’ordre constitutionnel tout en exprimant un soutien nuancé quant au déploiement de la force.

La Cédéao s’engage résolument à restaurer l’ordre constitutionnel au Niger, avec une mesure initiale de déploiement militaire tout en préservant la possibilité d’une solution pacifique. La communauté internationale se rallie autour de ces efforts, soulignant l’importance de préserver la démocratie et la stabilité dans la région.

Jean Michel

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