Tensions autour de l’ultimatum de la Cédéao au Niger : Les voix divergentes se font entendre
Bien que le président Bola Tinubu ait essayé d’obtenir l’approbation des sénateurs pour les résolutions de l’organisation ouest-africaine, ces derniers ont préféré renforcer les options diplomatiques
Alors que le dimanche 6 août marque le dernier jour de l’ultimatum lancé par la Cédéao aux putschistes nigériens pour abandonner le pouvoir, la situation reste tendue au Nigeria, avec des prises de position divergentes tant au niveau national qu’international.
Le chef de l’État, Bola Tinubu soumis à une forte pression politique
La Cédéao, organisation ouest-africaine, a menacé les mutins d’une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel. En tant que grande puissance régionale, le Nigeria est en position de leader pour mener cette opération, d’autant plus qu’il assure actuellement la présidence de la Cédéo. Cependant, dans le pays, le chef de l’État, Bola Tinubu est soumis à une forte pression politique.
Le Sénat nigérian a récemment demandé à Bola Tinubu de privilégier d’autres options que l’intervention militaire proposée par la Cédéao. Bien que le président ait essayé d’obtenir l’approbation des sénateurs pour les résolutions de l’organisation ouest-africaine, ces derniers ont préféré renforcer les options diplomatiques et politiques pour résoudre la crise au Niger. Cette frilosité vis-à-vis d’une confrontation armée reflète les inquiétudes des sénateurs du Nord, qui soulignent les liens culturels, religieux et linguistiques entre le Nigeria et le Niger. Une opération militaire pourrait entraîner des répercussions et une déstabilisation dans certaines régions du Nigeria, déjà fragiles et sous pression des groupes armés.
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Face à ces débats internes, la pression politique s’est accrue pour le président Bola Tinubu suite aux propos fermes de la CUPP (Coalition de l’opposition). Cette dernière a vivement critiqué le projet militaire, le qualifiant d' »inutile » et « irresponsable ». Les opposants estiment que le Nigeria ne peut pas se permettre de gaspiller ses ressources et risquer des vies précieuses de soldats, ce qui pourrait plonger l’économie fragile du pays dans une crise encore plus profonde.
Le plein soutien de la France au président Mohamed Bazoum.
Au niveau international, la France s’est positionnée en faveur de la Cédéao, appuyant « avec fermeté et détermination » les efforts de l’organisation ouest-africaine pour faire échouer la tentative de putsch au Niger. La ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a reçu le Premier ministre de la république du Niger, Ouhoumoudou Mahamadou, au Quai d’Orsay et a réaffirmé le plein soutien de la France au président Mohamed Bazoum.
La situation au Niger reste donc complexe, avec des acteurs internes et externes exprimant des positions divergentes quant à la meilleure approche pour résoudre la crise. Le dénouement de cette situation délicate reste incertain, mais la stabilité de toute la région est en jeu, et les yeux du monde sont tournés vers l’évolution des événements au Niger dans les jours à venir.
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